Author: Bertrand Coty

Date: 15.12.2019

La prédiction, machine à fantasmes de l’IA ?

L’analyse prédictive est l’une des fonctions clés de l’Intelligence Artificielle. Il est facile de comprendre que la collecte et le traitement de données très volumineuses (Big Data)  permettent, dans  les domaines de la science, de la médecine, de l’industrie … de tracer des perspectives, des projections, des hypothèses. 

Des facteurs similaires engendrant des résultats analogues sur un échantillon statistique très vaste, on pourra légitimement en déduire un diagnostic fiable. 

En médecine, cela revient par exemple à limiter l’erreur de diagnostic du praticien par la confrontation de multiples cas similaires et de leur évolution. La prédiction météo est un autre exemple ou les progrès de la collecte des données et de la capacité d’analyse des modèles mathématiques, a réduit considérablement les erreurs de pronostic tout en rallongeant la période analysée. On pourra ainsi parler d’analyses prédictives ou prescriptives. 

Cette recherche s’applique à de nombreux autres domaines et notamment commerciaux. Etre à la pointe du comportement du consommateur et pénétrer son « cerveau disponible » pour anticiper son acte d’achat, n’est-ce pas le graal de tout commerçant ! Là où il y a compétition, il y a recherche d’anticipation et de performance. 

A ce stade l’on pourrait dire que oui, dans une large mesure, l’IA est une formidable machine prédictive et que s’en passer revient à livrer son destin ou celui de ses affaires à l’incertitude et au hasard. Pour autant cette technologie peut-elle tout nous dire ? 

Dans le domaine de la criminalité, voici déjà longtemps que l’on cherche à éradiquer le mal par la prédiction. Faut-il rappeler l’excellent « Minority report » de Philip K. Dick, publié en 1956 sur le thème !

Des expérimentations ont été menées, les résultats sont très mitigés.

Peut-on vraiment prédire les crimes ?

Des recherches prédictives ont été menées depuis 2013 par la police de Chicago. Cette approche appuyée par des algorithmes dédiés a permis d’isoler 462 personnes potentiellement à fort risque d’action criminelle. Le but de l’opération étant ensuite de mener des actions sociales préventives censées anticiper le risque de passage à l’acte.

Cette démarche a été de bout en bout suivie par des chercheurs et les résultats de leur étude se sont révélés désastreux. Non seulement la criminalité n’a pas diminuée, mais les individus identifiés se sont trouvés plus souvent incriminés de manière arbitraire alors que des évènements advenaient proche de chez eux.

Pourtant ces résultats mitigés n’entament pas le développement d’applications sur ce modèle. La prédiction des actes de violence utilise des principes différents comme prédire les risques potentiels en collectant l’évolution des délits mineurs ou en se spécialisant sur une catégorie de délits et en croisant les données cartographiques de la police avec l’activité des réseaux sociaux…. L’imagination ne connaît pas non plus de limite quand il s’agit du contrôle du faciès. Et certaines recherches ont des relents nauséabonds quand elles prétendent identifier des criminels nés  en fonction de la seule analyse du visage !

La  récidive n’est pas en reste.

Quelles sont les probabilités qu’un individu remis en liberté perpétue de nouveaux crimes et délits ? L’IA pourrait aider à dresser ce profil  toujours en collectant une masse de données sur les personnes et en cherchant des constantes. Les recherches sont en cours sur le sujet, notamment menées par l’Université de Cambridge avec des résultats  proches de 90%. Une approche comportementale déjà plus crédible car portant sur un échantillon spécifique. 

La question de la prédictivité est donc centrale quand on aborde l’Intelligence Artificielle. L’analyse massive de données permet sans nul doute de dresser des diagnostics fiables et des prévisions affinées sur des termes allongés. On peut parler ainsi d’une véritable Intelligence prédictive s’agissant de modèles scientifiques

Pour autant, lorsqu’il est question des comportements et du caractère humain, par nature imprévisible, il s’agit d’une toute autre histoire. En définitive nous pourrions dire que l’IA prédit ce qui est prévisible et sans doute faut-il se réjouir, malgré tout, que l’intelligence humaine échappe encore en grande partie à la machine 

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