Choc énergétique !

Valéry Mainjot
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24/5/2021

Depuis deux ans, les prix de l’énergie augmentent très fortement et cette hausse concerne l’ensemble des sources énergétiques. Le confit en Ukraine ne fait qu’accentuer ce phénomène.

Le pétrole s’échange à un prix quasiment deux fois plus cher que fin 2019 et les cours de l’électricité, du gaz et du charbon ont plus que triplé depuis cette période « pré crise sanitaire ».

Les filières de la métallurgie, chimie, du bois, du papier sont les plus impactées par cette envolée des coûts qui pèse sur leur prix de production.

La hausse des hydrocarbures n’a fait qu’accélérer depuis le début de l’invasion russe. Le baril de Brent a pris 66 % depuis le début de l’année 2022, à 130 dollars actuellement. La crise des prix actuelle est comparée, non sans justesse, au choc pétrolier de 1973, notamment par Bruno Le Maire.

Cette situation nous rappelle douloureusement notre dépendance aux énergies fossiles et à des sources d’énergie prélevées hors d’Europe. Elle pourrait nous pousser à l’accélération de la transition énergétique, mais en attendant, elle incite principalement à ressortir les productions d’énergie locales comme le pétrole aux États-Unis ou en Grande-Bretagne en mer du Nord et la France avec le nucléaire.

Faute d’une transition énergétique aboutie, l’Aramco reste au centre du jeu mondial de l’énergie. Fin 2019, il s’agissait, avec la Russie, de soutenir les cours et de réduire la production (500 000 barils). Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite indique qu’elle va augmenter d’ici à 2027 sa capacité de production en pétrole de 12 millions à 13 millions de barils par jour.