Crédit Agricole : Inquiétude pour l’agriculture mondiale

Martin Baelden
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La banque qui, rien qu’en Lorraine, accompagne sept agriculteurs sur dix et qui leur a octroyé pour 265 millions d’euros de crédits, dont 22,5 millions d’euros afin de financer des projets liés à la méthanisation, s’inquiète de la guerre en Ukraine. « Toutes les matières premières ont vu leur prix se multiplier par trois ».

Depuis l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le risque d’une pénurie alimentaire est avéré. Pas dans l’immédiat, les réserves mondiales de blé et de céréales permettant pour l’heure aux pays de transformer, nourrir et consommer. Mais alors que l’Ukraine et la Russie produisent près de 30 % du blé de cette planète, il y a motif à prendre au sérieux l’alarme du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui redoute « un effondrement du système alimentaire mondial ».

Notamment dans certains pays d’Afrique, on risque clairement de parler de famine dans les mois qui viennent. Les plus dépendants de la situation sont dans l’ordre : la Somalie et le Bénin pour 100 % des besoins, suivis par l’Égypte, le Soudan, La RDC, le Sénégal, la Tanzanie, le Rwanda, Madagascar …

D’ores et déjà, il a été décidé de mobiliser les jachères en France pour la campagne 2022 afin d’accroitre les productions. L’objectif est de contribuer à la sécurisation des approvisionnements français et européens, pour l’alimentation humaine et animale, mais également aux équilibres mondiaux notamment pour les pays du pourtour de la Méditerranée et d’Afrique.

Les surfaces en jachère représentent près de 300 000 ha soit plus de 1 % de la surface agricole utile en France (26,7 millions d’hectares), et presque 2 % de la surface en terres arables.